
À propos de Erni Deutsch(-Einöder)
Écrivain, directeur d'université populaire, animateur de jeunesse
La biographie de l'écrivaine Erni Deutsch, qui porte le complément de nom Einöder qu'elle s'est choisi, est marquée par des influences liées aux turbulences politiques et sociales des deux guerres mondiales, à ses propres origines et à sa vie dans des régions frontalières.
Enfance
Erni Deutsch est née le 17 novembre 1917 à Einöd près de Homburg. Le nom de sa mère n'est malheureusement pas mentionné dans la littérature. Son père, Wilhelm Deutsch, est maquettiste et originaire de Lorraine. Il arrive à Einöd à la suite des bouleversements de la Première Guerre mondiale, où il fait la connaissance de sa future femme, la mère d'Erni.
Erni grandit en étant bilingue, aussi bien en allemand qu'en français. Elle fréquente d'abord l'école primaire de Schwarzenacker.
Au moment de la naissance d'Erni Deutsch, la région d'origine de son père, la Lorraine, fait partie de l'Empire allemand. A la fin de la Première Guerre mondiale, cette appartenance change et elle est attribuée à la France. Un autre résultat du traité de Versailles est que le territoire de la Sarre est séparé de l'Empire allemand et placé sous mandat de la Société des Nations. Auparavant, le territoire sarrois n'existait pas en tant qu'entité cohérente. Elle sera d'abord administrée par un membre de la Société des Nations dans le but de la préparer à l'indépendance.
Formation
Dans le contexte des nouvelles frontières politiques après la Première Guerre mondiale, il est plus difficile de se rendre dans le Palatinat voisin depuis Einöd, le lieu de résidence d'Erni, qu'en Lorraine. Comme Zweibrücken et d'autres grandes villes du Palatinat (comme Kaiserslautern) ne peuvent pas être considérées comme des lieux de formation pour Erni, la suite de sa formation se déroule en France. Elle suit d'abord le Cours complémentaire de Merlebach, qui correspond à peu près à un diplôme d'études secondaires. Elle suit ensuite une formation commerciale axée sur la décoration et la publicité à Strasbourg, Metz et Saint-Étienne sur la Loire.
Littérature autobiographique
Dès cette époque, et même pour la première fois à l'âge de 13 ans, elle publie de la poésie et de la prose narrative dans la presse d'Alsace-Lorraine, puis dans les Dernières Nouvelles d'Alsace, à Strasbourg, et dans des journaux illustrés suisses. Jusqu'à la fin de sa vie, elle publiera plus de 200 récits.
Elle écrivait principalement des histoires courtes (prosaminiaturen) et incorporait des motifs autobiographiques et régionaux dans son travail. Elle a parfois utilisé des techniques narratives modernes comme le discours vécu et le monologue intérieur. Certaines de ses nouvelles ont un lien avec l'histoire et la région, mais d'autres se déroulent dans des régions méditerranéennes. L'une de ses caractéristiques est la précision et la simplicité de son langage.
Certains de ses textes, comme la nouvelle "Solang ich lebe..." , tirée de sa dernière grande publication "Wege, die nach Hause führen", témoignent du fait qu'elle n'a sans doute pas quitté facilement le Palatinat sarrois, mais que celui-ci est au moins resté une partie intégrante de ses souvenirs. Vers l'extrait de texte
Un exemple de leur approche moderne est une réflexion artistique sur l'activité d'écriture, qui a probablement des bases autobiographiques. Celle-ci se trouve dans la nouvelle "Wirrer Sommer in St. Hylaire". Le thème moderne y est présenté dans le cadre narratif rustique et rural d'une apparente idylle pastorale. Voir l'extrait
1935-1945
Parallèlement à son activité d'auteur, Erni travaille à temps partiel dans des associations de jeunesse chrétienne comme Jeunesse protestante d'Alsace et de Lorraine.
En 1935, la région de la Sarre redevient une partie du Reich allemand sous le nouveau nom de Sarre, suite au référendum de 1935. En 1940, la Lorraine est occupée par la Wehrmacht. Un an plus tôt, Erni Deutsch est devenue directrice adjointe de l'administration municipale de Merlebach. Les occupants la jugent apte à travailler pour eux. Elle est affectée à l'animation de jeunesse à Saint-Avold, qui fait désormais partie du Gau Westmark. On ne sait pas exactement dans quelle fonction elle travaille ni quel était son poste.
Cependant, après la guerre, elle est expulsée de la Lorraine, redevenue française, en raison de ces activités. Elle appelle cela une "expulsion". Elle doit quitter le pays de son père, comme elle avait déjà quitté celui de sa mère.
Heure de Zweibrück
En 1945, elle s'installe à Zweibrücken, alors que la Sarre ne fait pas partie de l'Allemagne de 1945 à 1957. Elle y travaille comme contorsionniste (une employée administrative), interprète et traductrice de français. En 1959, grâce à sa formation et à son bilinguisme, elle obtient un poste de décoratrice et de correspondante à l'étranger dans un magasin de vêtements. En 1965, elle prend la direction de l'université populaire de Zweibrücken. Elle exerce cette fonction pendant douze ans, jusqu'en 1977.
Elle publie ses textes à partir de 1945 sous le pseudonyme d'Erni Einöder en Allemagne et en France dans le Rheinpfalz, le Saarbrücker Zeitung, le Saarbrücker et le Trierer Landeszeitung, le Pfälzisches Tageblatt, Chez-Soi (Colmar), l'Ami des Foyers (Metz) ; probablement parce que le nom Deutsch n'est plus bien vu en Lorraine. A partir de 1950, elle utilise cependant le pseudonyme Deutsch-Einöder ainsi que le pseudonyme Jean-Marie-Merle.
On peut désormais lire ses textes dans toute l'Allemagne ainsi que dans les pays germanophones : en Alsace-Lorraine, au Luxembourg, en Suisse, en Autriche et aux États-Unis. Ses contributions sont publiées dans des anthologies et des annuaires. Südwestfunk et Radio Saarbrücken diffusent Funkerzählungen. Sa notoriété croissante provient en fin de compte de sa biographie particulière, dans laquelle les relations de filiation se déroulent déjà dans la zone contestée entre l'Allemagne et la France. Cette situation entre les frontières et son propre traitement ainsi que son traitement dans les matières littéraires intéressent particulièrement la société d'après-guerre.
En 1951, elle devient l'un des membres fondateurs de l'Association littéraire du Palatinat, qui se reconstitue après la guerre. Elle dirige la section de Zweibrücken jusqu'en 1982. L'association publie également son premier livre en 1962 : "Die Tauben fliegen unser wegen". Ce livre a un grand retentissement. Pour ce livre, Erni Deutsch reçoit un don de reconnaissance de la Fondation allemande Friedrich Schiller, Berlin, et le ministère de la culture de Rhénanie-Palatinat lui décerne un prix d'encouragement au prix culturel du Land de Rhénanie-Palatinat. La même année, elle reçoit également une bourse d'études à l'étranger de l'Association des écrivains allemands et du ministère des Affaires étrangères. En 1966, elle reçoit le Prix Palatinat de littérature.
En 1981, un autre livre est publié : "Wege, die nach Hause führen". Son dernier grand hommage lui est rendu en 1988 lorsqu'elle reçoit la médaille Martha Saalfeld.
Mort
Erni Deutsch meurt le 16 février 1997 à Zweibrücken avant d'avoir atteint l'âge de 80 ans et est enterrée dans le cimetière d'Einöd. Elle n'a pas pu réaliser ses projets de livres, le recueil de nouvelles "Reife Frucht in hellen Körben" et les deux recueils de nouvelles "Matinée à Sestri" et "Esel an der Adria".
Rédigé par : Georg Armborst, étudiant (études culturelles orientées vers l'histoire)
Publié : 09.02.2026 ; Dernière mise à jour : 30.03.2026.
Citations
Tant que je vivrai, je ne pourrai pas l'oublier. C'était un dimanche et tu m'as pris la main.
Nous avons traversé le village où les gens te saluaient respectueusement aux fenêtres et devant les portes ouvertes.
Tu n'étais qu'une petite vieille, mais je voyais en toi la plus belle et la plus gentille de toutes et je pensais que tout le monde devait t'être attaché, comme je l'étais, car tu étais ma grand-mère et je t'aimais.
Nous avons suivi une route de campagne droite et nous avons traversé un petit village. Là, la route a tourné à gauche, puis il y a eu un pont. J'ai pu rester longtemps près de la rambarde à regarder l'eau qui coulait paresseusement.
"C'est la Blies", m'as-tu dit [...].
Deutsch-Einöder, Erni : Solang ich lebe..., dans : Dies : Wege, die nach Hause führen. 12 récits, Ostfildern 1980, p. 7.
Jeannot est un jeune berger. Il a le visage d'un homme, bien qu'il soit encore un enfant.
Jeannot regarde l'étrangère avec ses yeux sombres et dit : "Merci, Madame, vous êtes trop gentille".
"Prends-en juste assez", dit la femme en lui tendant le panier de cerises.
Jeannot en prend deux ou trois poignées et les met dans sa poche de berger.
Et la femme est à nouveau attirée par les profondeurs étranges de ses yeux. Puis elle le voit disparaître avec le troupeau dans les buissons.
[...]
Et dans le silence, le retour au travail, commencé depuis longtemps et toujours inachevé.
C'était ainsi : en ville, rien n'avait avancé. Chaque bruit l'avait empêchée d'écrire. Alors elle s'était décidée à partir. Elle avait maintenant le silence de la nature sauvage, au bord du golfe de Gascogne, des forêts, des steppes, du sable et de la lande, des villages pauvres. Mais était-ce mieux maintenant ? Si elle voulait être honnête, ce n'était pas mieux. Elle avait besoin, elle se l'avouait avec un léger effroi, - elle avait besoin de l'agitation quotidienne, de l'engrenage, de l'agitation, de la hâte, pour pouvoir travailler. [...]
Deutsch-Einöder, Erni : Wirrer Sommer in St. Hylaire, dans : Dies : Die Tauben fliegen unseretwegen. Avec 10 gravures sur bois de Gerda Sachweh-Tänzer, Landau 1962, p. 64-65.
Pour en savoir plus / Littérature / Sources
Littérature
Carl, Viktor : Lexikon Pfälzer Persönlichkeiten, Edenkoben 1998.
Franke, Barbara : Erni Deutsch-Einöder, dans : Brüchert, Hedwig (éd.) : Rheinland-Pfälzerinnen. Frauen in Politik, Gesellschaft, Wirtschaft und Kultur in den Anfangsjahre des Landes Rheinland-Pfalz, Mayence 2001 (Veröffentlichungen der Kommission des Landtages für die Geschichte des Landes Rheinland-Pfalz. Bd. 23), p.92 ff.
Lindemann, Clemens (éd.) : Der Saarpfalz-Kreis, Stuttgart 1993.
Marx, Reiner : Erni Deutsch-Einöder, dans : Saarpfalz. Zeitschrift für Geschichte und Regionalkultur, 2008, numéro spécial, p.
Müller, Gudrun : Les femmes sur place. A la recherche de traces dans les districts sarrois, St. Ingbert 2024 (Schriftenreihe der Arbeitskammer des Saarlandes zur Arbeits- und Sozialgeschichte. Bd. 4), p. 300 f.
En ligne
literaturlandsaar : "Erni Deutsch-Einöder" : < https://www.literaturland-saar.de/personen/erni-deutsch-einoeder/ > dernière consultation le 29.11.2025
Rheinland-Pfälzische Personendatenbank : "Erni Deutsch-Einöder" : < https://rppd.lobid.org/116087935 > dernière consultation le 29.11.2025
Sources
Deutsch-Einöder, Erni : Les pigeons volent à cause de nous. Avec 10 gravures sur bois de Gerda Sachweh-Tänzer, Landau 1962.
Deutsch-Einöder, Erni : Chemins qui mènent à la maison. 12 récits, Ostfildern 1980.


